Cross-coun­try, VTT, Trail : 8 logi­ciels libres

En matière de logi­ciel libres, les trai­leurs ont plu­tôt l’embarras du choix. C’est à se deman­der pour­quoi, lorsqu’on veut récu­pé­rer des traces, on doive navi­guer entre divers sites issus des construc­teurs de montres GPS (pas tou­jours bien inten­tion­nés). Et c’est sans comp­ter la page ouèb du trail de Brou­zouf-le-haut qui oblige les concur­rents à se connec­ter sur Face­book et Google pour voir les carac­té­ris­tiques du par­cours. Ami trai­leur, toi le geek spor­tif, regarde plu­tôt cette petite sélec­tion de logi­ciels libres, rien que pour toi.

Quels logi­ciels ?

J’en ai encore fait l’expérience avec le site inter­net Tracedetrail.fr. Certes, le site est plu­tôt bien fichu, avec la pos­si­bi­li­té de par­ta­ger ses traces en les accom­pa­gnant des dif­fé­rentes don­nées (alti­tudes, cumuls de déni­ve­lés au dif­fé­rents points du par­cours, etc) mais il faut ouvrir un compte pour télé­char­ger les traces ou récu­pé­rer des don­nées, quant à confier sys­té­ma­ti­que­ment mes don­nées à un tiers, c’est un prin­cipe : je n’aime pas.

En réa­li­té ce type de site ne repose que sur un prin­cipe rela­ti­ve­ment simple : sto­cker et par­ta­ger des fichiers GPS. Si on a sur sa machine, en local, des logi­ciels fiables pour les lire, il n’y a aucune rai­son d’ouvrir un compte chez Mon­sieur Dupont, si ce n’est que pour sacri­fier à la mode du moment. De plus, on ne dis­pose pas tou­jours d’une connexion inter­net : en vacances au fond d’une val­lée per­due pour s’adonner à la pra­tique du trail, il peut tou­jours être utile d’analyser ses par­cours sans devoir les télé­ver­ser quelque part.

Les logi­ciels spé­cia­li­sés dans les rele­vés GPS ont deux carac­té­ris­tiques : les fonds de cartes pro­po­sés (à mini­ma, la pos­si­bi­li­té d’utiliser ses propres fonds de cartes), et la capa­ci­té d’analyser un maxi­mum de don­nées issues des fichiers (GPX, KML, etc) qu’on uti­lise, en par­ti­cu­lier si les fichiers contiennnent des don­nées autres que pure­ment géo­gra­phiques comme par exemple les donn­nées d’un car­dio­fré­quen­ce­mètre. À cela s’ajoutent des fonc­tion­na­li­tés sup­plé­men­taires appré­ciables :

  • pou­voir se connec­ter à un dis­po­si­tif GPS (selon les marques, en par­ti­cu­lier Gar­min), même si l’on peut d’abord cher­cher les fichiers sur le dis­po­si­tif puis les uti­li­ser avec le logi­ciel,
  • sto­cker les infor­ma­tions, com­pa­rer les don­nées avec des gra­phiques,
  • édi­ter des traces exis­tantes ou en créer de nou­velles pour pré­pa­rer un par­cours,
  • ajou­ter des infor­ma­tions en fonc­tion de l’activité (course à pied, cyclisme, trail, ran­don­née, etc.)

Des logi­ciels libres

Ce qui me motive dans le trail, c’est avant tout la sen­sa­tion de grande liber­té que pro­cure cette dis­ci­pline. Si l’on com­pare avec la course à pied clas­sique ou le cross-coun­try, les contraintes de dis­tances et de temps sont lar­ge­ment repous­sées, on se confronte à des ter­rains aux mul­tiples carac­té­ris­tiques, les épreuves mélangent le plus sou­vent les ama­teurs et les pros, et ce qui compte avant tout, c’est de pou­voir ter­mi­ner un trail, et pas for­cé­ment « faire un temps ».

Je trouve que la pra­tique du trail est com­plè­te­ment oppo­sée aux contraintes des logi­ciels pri­va­teurs ou de ser­vices dis­tants qui imposent une réten­tion de don­nées ou dont les condi­tions d’utilisation impliquent l’emploi des mes infor­ma­tions per­son­nelles à des fins com­mer­ciales. Les assu­rances et même cer­taines mutuelles pro­fitent déjà de la manne pro­vi­den­tielles des dis­po­si­tifs de san­té connec­tés (cf. les machins-fit), et l’on pré­sage déjà très bien les inéga­li­tés sociales que cela pour­ra créer à l’avenir. Hors de ques­tion, donc, d’utiliser des logi­ciels pri­va­teurs, ou des ser­vices tiers dont les inten­tions ne sont pas conformes à mon éthique.

L’utilisation de logi­ciels libres n’implique pas pour autant de devoir galé­rer des heures avec des inter­faces dif­fi­ciles. Les logi­ciels pré­sen­tés ci-des­sous sont certes très spé­cia­li­sés, et néces­sitent un mini­mum d’apprentissage. Cepen­dant, cha­cun d’entre eux per­met de visua­li­ser rapi­de­ment un pro­fil de trace : le tra­vail des don­nées n’est ensuite qu’une ques­tion d’habitude.

Tous ces logi­ciels pro­posent des ver­sions pour les trois sys­tèmes d’exloitation les plus cou­rants : GNU/Linux, MacOs et MSWin­dows. Concer­nant GNU/Linux, la plu­part sont dis­po­nibles dans les dépôts des prin­ci­pales dis­tri­bu­tions, à l’exception de MyTour­book et Turt­le­sport.

GPS­ba­bel

Il serait dif­fi­cile de com­men­cer une liste de logi­ciels cen­sés lire des fichiers conte­nant des don­nées GPS sans men­tion­ner GPS­Ba­bel. Ce n’est pas un logi­ciel indis­pen­sable, étant don­né que, sou­vent, les logi­ciels sont capables de conver­ser avec les dis­po­si­tifs GPS cou­rants, et que ces der­niers four­nissent des fichiers aux for­mats la plu­part du temps lisibles. Cepen­dant, pour assu­rer des conver­sions entre ces dif­fé­rents for­mats de fichiers, GPS­Ba­bel est d’une grande uti­li­té.

Viking

Le logi­ciel Viking est avant tout un visua­li­seur de don­nées GPS. Il per­met de les affi­cher sur un fond de carte, les archi­ver et les clas­ser. Viking fonc­tionne par calques : il suf­fit d’afficher la carte vou­lue (dis­po­nible soit en local soit en ligne, via, dif­fé­rents Web Map Ser­vices), puis ouvrir un fichier de trace GPS pour le voir affi­ché sur la carte. Il est aus­si pos­sible de réa­li­ser un tra­cé avec mesure de dis­tances grâce aux outils gra­phiques dis­po­nibles.

viking

GPX­vie­wer

Dans la même ligne que Viking, mais de manière encore plus simple, Gpx­vie­wer per­met d’afficher une trace GPX sur un fond de carte. Dis­po­nible dans la plu­part des dépôts GNU/Linux, il s’agit d’un pro­gramme très simple, dont les équi­va­lents ne manquent pas sur les autres sys­tèmes d’exploitation.

gpxviewer

Qland­Kar­teGT

Bien que dis­po­nible dans les dépôts des dis­tri­bu­tions GNU/Linux, Qland­Kar­teGT est en fait aujourd’hui obso­lète, il est rem­pla­cé par son suces­seur Qmap­shack (voir sur le site offi­ciel). Néan­moins, les fonc­tion­na­li­tés sont déjà très pous­sées pour cette ver­sion d’un pro­jet logi­ciel très dyna­mique. Qland­Kar­teGT est un outil très poly­va­lent, et dis­pose même d’un ren­du 3D des par­cours sur carte. On peut noter la pré­sence (au moins dans les dépôts) de Qland­Kar­teGT-Gar­min qui four­ni des gref­fons pour com­mu­ni­quer avec dif­fé­rents dis­po­si­tifs Gar­min. Cepen­dant, Qland­Kar­teGT n’est pas limi­té à Gar­min, bien sûr. Un autre atout de Qland­Kar­teGT est de pro­po­ser d’emblée des fonds de cartes issus de nom­breux Web Map Ser­vices) euro­péens, et, par­mi ceux-ci, les fonds IGN Topo 25. Les fonc­tion­na­li­tés de Qland­Kar­teGT peuvent se limi­ter à l’import/export et la visua­li­sa­tion, mais elles peuvent être très pous­sées et se confondre avec un véri­table outil de sys­tème d’information géo­gra­phique.

Turt­le­sport

On ne pré­sente plus Turt­le­sport, LE logi­ciel qu’il faut avoir si on fait du trail, de la course à pied, du vélo… En un coup d’oeil vous pou­vez avoir un rap­port d’activité des ses­sions d’entraînement, l’affichage de votre par­cours sur un fond de carte (confi­gu­rable), et le tout en per­son­na­li­sant les don­nées de l’athlète (taille, poid, équi­pe­ment, vitesse, fré­quence car­diaque, etc.). C’est sans doute dans cette liste le logi­ciel le plus poly­va­lent, capable de com­mu­ni­quer avec un grand nombre de dis­po­si­tifs GPS/cardio, et dis­po­sant d’une inter­face agréable et facile à prendre en main (pour uti­li­ser le fond de carte Open­To­po­Map avec Turt­le­sport, voyez ce petit tuto­riel).

Mytour­book

Moins connu, peut-être, que Turt­le­sport, Mytour­Book est pré­vu pour ana­ly­ser, repré­sen­ter, com­pa­rer, et docu­men­ter des traces GPS. Il est donc adap­té à la ran­don­née, le VTT ou le trail. On peut ajou­ter des pho­tos et les lier au par­cours, visua­li­ser les déni­ve­lés et ana­ly­ser les vitesses, récu­pé­rer des graphes, des ana­lyses sta­tis­tiques. Il s’agit d’un pro­gramme tour­nant avec java, mêlant les licences Eclipse et GPL (un peu de conces­sion, par­fois). Turt­le­sport et Mytour­book sont com­pa­rables, avec une men­tion spé­ciale pour le second concer­nant la visua­li­sa­tion gra­phique des dif­fé­rentes don­nées des traces (il faut tou­te­fois s’habituer à l’interface).

mytourbook

Fra­ma­carte et Umap

Enfin, il aurait été dom­mage de ne pas men­tion­ner au moins deux pos­si­bi­li­tés de par­ta­ger ses traces en ligne via des ser­vices non seule­ment libres mais aus­si éthiques et décen­tra­li­sa­teurs. Comme je l’ai dit pré­cé­dem­ment, la meilleure façon de par­ta­ger ses traces GPS est encore de par­ta­ger les fichiers sans vou­loir abso­lu­ment les télé­ver­ser auprès de ser­vices tiers. Pour­tant, vous pou­vez avoir besoin de par­ta­ger des traces en don­nant direc­te­ment à voir une carte, la rendre dis­po­nible sur votre site web ou tout sim­ple­ment parce que vos cor­res­pon­dants ne dis­posent pas for­cé­ment d’un logi­ciel pour lire ce type de fichier.

Umap est un pro­jet OpenS­treet­Map (le Wiki­pé­dia de la car­to­gra­phie) qui vous per­met d’éditer et par­ta­ger des traces de manière très rapide, en quelques clics. J’ai déjà fait un petit tuto­riel rien que pour vous. Mais Umap est bien plus que cela ! C’est aus­si la pos­si­bi­li­té, pour vous, votre club, votre asso­cia­tion, de dis­po­ser de votre ins­tance Umap sur un ser­veur et par­ta­ger vos traces en conser­vant vos don­nées là où vous le vou­lez. En guise de démons­tra­tion, Fra­ma­carte est un ser­vice de Fra­ma­soft qui montre qu’il est pos­sible d’installer une ins­tance Umap et la pro­po­ser à qui vous vou­lez. Vous pou­vez uti­li­ser uti­li­ser l’instance Umap d’OSM ou de Fra­ma­soft en toute sécu­ri­té pour vos don­nées, bien sûr, mais n’oubliez pas qu’il est pos­sible (et même sou­hai­table) de créer votre propre ins­tance.

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Christophe

Fram(hack)tiviste, je fais du vélo et je mange des châtaignes.