Scott Spark 950 : prise en main

L’hiver ne doit pas être un obs­tacle pour rou­ler et tant pis si le ter­rain est gras. La sor­tie du jour avait pour thème : com­ment prendre en main un VTT tout juste sor­ti du car­ton ? En fait c’est très facile, pour­vu que le vélo en ques­tion soit de bonne qua­li­té.

L’engin en test

Oui, parce qu’à ce niveau-là, ce n’est ni un vélo ni un simple VTT mais un engin, bour­ré de tech­no­lo­gies plus avan­cées les unes que les autres. Lorsque j’ai vu le mon­teur régler les sus­pen­sions pour mon gaba­rit, je me suis deman­dé si je n’aurais pas dû choi­sir maths-phy­sique à la sor­tie du lycée. Heu­reu­se­ment, une fois réglées ces sus­pen­sions, nor­ma­le­ment on ne devrait pas avoir à y bri­co­ler sans arrêt.

Le test a por­té assez sim­ple­ment sur la base de ma pra­tique du cross-coun­try : 40 km envi­ron dans les Vosges pour 1000 m de déni­ve­lé (ben oui, au-delà il y avait de la neige). Le VTT concer­né : un Scott Spark 950.

Alors qu’est-ce qu’il y a dans le paquet ?

D’abord une trans­mis­sion Shi­ma­no XT pour le dérailleur arrière et Deore pour l’avant. D’accord, c’est pas du full-XT mais fran­che­ment pour pas­ser les deux pla­teaux avant, c’est lar­ge­ment suf­fi­sant (et Deore reste une réfé­rence).

Dans l’ensemble, la trans­mis­sion est fran­che­ment au poil. Si comme moi vous sor­tez direct d’un VTT avec trois pla­teaux avant, l’apprentissage met envi­ron… 5 minutes, le temps de trou­ver une mon­tée pour essayer tout cela. Évi­dem­ment, sur ce VTT, je conseille de prendre grand soin de cette trans­mis­sion : l’équipement convient par­fai­te­ment pour une pra­tique cross-coun­try mais si on tire un peu long et selon le kilo­mé­trage m’est d’avis que la lon­gé­vi­té est pro­por­tion­nelle au soin avec lequel vous pas­sez les vitesses.

Ensuite viennent les super gad­gets de chez Scott.

Le sys­tème Twin­lock, d’abord, qui per­met en trois posi­tions, de régler le débat­te­ments des sus­pen­sions avant et arrière : relâche totale pour la des­cente, mode trac­tion (semi-blo­cage) pour les mon­tées un peu tech­niques, et blo­cage total pour mon­tée régu­lière ou la route (bêrk). Simple gad­get ou vrai­ment utile ? la ques­tion n’est pas sérieuse : c’est l’une des clés de la poly­va­lence de ce VTT. Sans ce sys­tème, l’intérêt pour le cross-coun­try serait bien moindre. Bien sûr, il faut adap­ter ses réglages en fonc­tion du ter­rain sur lequel on évo­lue, mais comme la com­mande est située au gui­don, c’est une simple for­ma­li­té.

La com­mande de la tige téles­co­pique au gui­don. Là encore, l’intérêt est évident… la tige s’abaisse avec le poids du cycliste, his­toire d’engager des des­centes dans de bonnes condi­tions, puis remonte très vite une fois que l’on sou­haite reve­nir à une posi­tion de péda­lage. Petit bémol tou­te­fois : comme on le voit sur la pho­to, la com­mande est située après la com­mande de trans­mis­sion, et à moins d’avoir de grandes mains, il faut aller la cher­cher en lâchant la prise du gui­don.
C’est un pro­blème de mon­tage et non de concep­tion ! Je vais rapi­de­ment cor­ri­ger ce pro­blème car il est impor­tant de pou­voir mani­pu­ler les dif­fé­rentes com­mandes au gui­don sans lâcher la prise. C’est nor­ma­le­ment étu­dié pour cela 🙂 Cette com­mande doit en fait être située entre la poi­gnée et le levier de frein (pour affir­mer cela, j’ai deman­dé au ser­vice après vente de chez Scott qui a mis moins de deux heures pour me répondre par cour­riel, mer­ci à eux.)

De manière géné­rale, vous avez tout inté­rêt à pen­ser à bais­ser la selle avant d’engager la des­cente, mais par­fois les ter­rains s’enchaînent plus vite que pré­vu. Pour la reprise, le pro­blème est moins dif­fi­cile, sauf que géné­ra­le­ment la main est déjà occu­pée à chan­ger de vitesse. Bref, la com­mande de la tige au gui­don, c’est génial, mais atten­tion au mon­tage.

Quant aux sus­pen­sions, rien à dire de par­ti­cu­lier : fourche Fox 32 à l’avant (débat­te­ment de 100 pour le cross coun­try) et amor­tis­seur Fox Float à la l’arrière. Trois posi­tions (cf. ci-des­sus). Dans le domaine, Fox fait des petites mer­veilles.

La taille des roues est un choix… per­son­nel. Le Spark 950 est dotée de roues en 29 pouces. Ceux qui ne jurent que par le 27.5 devront prendre le Spark 750.

Le 29 pouces et moi, c’est une longue his­toire. Pour la faire courte, mon pre­mier VTT était un Gary Fisher type « semi-des­cente » avec des 29 pouces, sans aucune sus­pen­sion. Le fait d’avoir rou­lé avec cela vous fait com­prendre la rai­son pour laquelle, si on pra­tique le cross-coun­try, le 29 pouces me semble un excellent atout (mais pas le seul, j’en conviens). L’entraînement et l’inertie de grandes roues est un confort dont j’ai eu des dif­fi­cul­tés à me pas­ser avec mon pré­cé­dent VTT qui, lui, est doté de 27,5 pouces. Pas­ser de l’un à l’autre vous fait vrai­ment appré­cier la dif­fé­rence.

Mais le bémol des 29 pouces, je l’ai ren­con­tré aujourd’hui même : sur la neige, il y a quand même moins de répon­dant (trop de sur­face au contact). Certes, je pense que c’est aus­si lié aux pneus four­nis avec le Spark : des Maxxis Fore­cas­ter dont je ne suis pas un grand fan (j’ai l’habitude des Python, on ver­ra bien à l’usage). D’un autre côté, de la neige, il n’y en a pas toute l’année, hein ?

Conclu­sion

Ce VTT m’a été conseillé de toutes parts lorsque je recher­chais le meilleur com­pro­mis pour ma pra­tique du VTT. Aucun regret. Le vélo cor­res­pond par­fai­te­ment à mes attentes et il n’y a pas de sur­prise. Du point de vue des per­for­mances, il est à l’image de la gamme Spark de chez Scott qui béné­fi­cie main­te­nant de quelques années d’ajustements. C’est à l’usage qu’on ver­ra ce que vaut vrai­ment le cadre, dans un alliage d’aluminium 6011 (avan­tage du nickel pour la cor­ro­sion, à envi­sa­ger sur le long terme). Quant à l’entretien, il devrait être mini­mal.

Avec un bon réglage de départ, une étude pos­tu­rale assu­rée par un spé­cia­liste du maga­sin, ce Spark 950 est un bon inves­tis­se­ment et s’adaptera à une pra­tique enga­gée ou non. Il se manie cepen­dant avec dis­cer­ne­ment et néces­site tout de même un cer­tain niveau de pra­tique pour en tirer tous les avan­tages. Je décon­seille­rais donc ce VTT pour un pre­mier achat, mais une fois de bonne habi­tudes prises, il fera très cer­tai­ne­ment votre affaire, pour un bud­get qui ne grimpe pas pour autant vers les cadres car­bone-super-chers 🙂

Christophe

Fram(hack)tiviste, je fais du vélo et je mange des châtaignes.