Les nou­veaux Lévia­thans IV. La sur­veillance qui vient

Je conti­nue la série des Lévia­thans com­men­cée en 2016 sur le Fra­ma­blog. Pour ce nou­veaux numé­ro, je pro­pose de voir dans quelle mesure le modèle éco­no­mique a déve­lop­pé son besoin vital de la cap­ta­tion des don­nées rela­tives à la vie pri­vée. De fait, nous vivons dans le même scé­na­rio dys­to­pique depuis une cin­quan­taine d’années. Nous ver­rons com­ment les cri­tiques de l’économie de la sur­veillance sont redon­dantes depuis tout ce temps et que, au-delà des craintes, le temps est à l’action d’urgence.

Petit extrait :

L’incertitude au sujet des dérives du capi­ta­lisme de sur­veillance n’existe pas. Per­sonne ne peut affir­mer aujourd’hui qu’avec l’avènement des big data dans les stra­té­gies éco­no­miques, on pou­vait igno­rer que leur usage déloyal était non seule­ment pos­sible mais aus­si que c’est bien cette direc­tion qui fut choi­sie d’emblée dans l’intérêt des mono­poles et en ver­tu de la cen­tra­li­sa­tion des infor­ma­tions et des capi­taux. Depuis les années 1970, plu­sieurs concepts ont cher­ché à expri­mer la même chose. Pour n’en citer que quelques-uns : com­pu­to­cra­cie (M. War­ner et M. Stone, 1970), socié­té du dos­sier (Arthur R. Mil­ler, 1971), sur­veillance de masse (J. Rule, 1973), data­veillance (R. Clarke, 1988), capi­ta­lisme de sur­veillance (Zuboff, 2015)… tous cherchent à démon­trer que la sur­veillance des com­por­te­ments par l’usage des don­nées per­son­nelles implique en retour la recherche col­lec­tive de points de rup­ture avec le modèle éco­no­mique et de gou­ver­nance qui s’impose de manière déloyale. Cette recherche peut s’exprimer par le besoin d’une régu­la­tion démo­cra­ti­que­ment déci­dée et avec des outils juri­diques. Elle peut s’exprimer aus­si autre­ment, de manière vio­lente ou paci­fiste, mili­tante et/ou contre-cultu­relle.

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Christophe

Fram(hack)tiviste, je fais du vélo et je mange des châtaignes.