Club Vos­gien et VTT : l’appropriation des com­muns

Cha­cun ses com­bats. Pour moi, c’est le logi­ciel libre et la culture libre, pour d’autres c’est la lutte contre les inéga­li­tés, la défense de la nature, la sau­ve­garde du patri­moine… Et pour­tant nous agis­sons tous avec des méthodes com­munes : le par­tage et la coopé­ra­tion. Hélas ce n’est pas tou­jours le cas. Cer­tains œuvrent pour une cause juste mais veulent s’approprier le résul­tat, au pré­texte qu’ils seraient les dépo­si­taires (même s’ils ne sont pas exclu­sifs) des moyens et, donc, de la fin. C’est le cas du Club Vos­gien dont je vou­drais ici tou­cher quelques mots à pro­pos de sa capa­ci­té à par­ta­ger et à col­la­bo­rer.

La mon­tagne est au Club

Le Club Vos­gien, c’est d’abord une asso­cia­tion alsa­cienne sécu­laire. Fon­dée en 1872, le Voge­sen­club doit d’abord être salué avec le plus grand res­pect pour le tra­vail de pro­mo­tion des acti­vi­tés de pleine nature et le bali­sage des sen­tiers sans lequel nombre de pro­me­neurs ne pour­raient béné­fi­cier des superbes par­cours sur l’ensemble du mas­sif, et au-delà.

Ceci étant dit, j’affirme que le Club Vos­gien à une ten­dance par­ti­cu­liè­re­ment détes­table à s’approprier le bien com­mun que repré­sente le pay­sage mon­ta­gneux et fores­tier.

S’approprier ? non, bien enten­du, il ne s’agit pas de mettre des bar­rières et d’interdire qui­conque de les fran­chir s’il n’est pas encar­té au Club… Mais jus­te­ment, le Club Vos­gien, com­pre­nez-vous, ce n’est pas l’Association des amou­reux des sen­tiers des Vosges, ce n’est pas l’Association des ran­don­neurs vos­giens, non. C’est un Club, à l’image du Club Alpin d’où il tire son nom d’ailleurs. Et un club, c’est plus qu’une asso­cia­tion. Ce n’est pas uni­que­ment le ras­sem­ble­ment de per­sonnes ayant des inté­rêts com­muns. Un club est une socié­té, c’est-à-dire un regrou­pe­ment de per­sonnes socio­lo­gi­que­ment sem­blables : des acti­vi­tés com­munes, des pra­tiques sociales com­munes, etc. Dès lors, il n’y a qu’un pas faci­le­ment fran­chi entre la com­mu­nau­té de pra­tiques et le sen­ti­ment d’appartenance du ter­ri­toire que l’on inves­tit.

Voi­ci un exemple. Au début du XXe siècle, le Club Vos­gien s’est vu confier, par le Ser­vice des Eaux et Forêts le mono­pole du bali­sage des sen­tiers. L’explication est logique : fin XIXe siècle se déve­loppe dans les Vosges l’activité tou­ris­tique. En 1875, par exemple à Gérard­mer naît le pre­mier office de tou­risme, nom­mé Comi­té des pro­me­nades qui amé­nage des sen­tiers de ran­don­nées dans la Val­lées des Lacs et valo­rise son ter­ri­toire. Sur le même modèle, les socié­tés tou­ris­tiques inves­tissent le mas­sif : il fal­lait har­mo­ni­ser tout cela et c’est le Club Vos­gien qui se vit confier ce rôle. Depuis ce jour, le Club Vos­gien mène de front le bali­sage et l’entretien des sen­tiers.

Ain­si, fiè­re­ment annon­cé sur la page d’accueil du site inter­net du Club Vos­gien :

Les signes de bali­sage du Club Vos­gien sont dépo­sés à l’INPI et sou­mis à auto­ri­sa­tion pour leur uti­li­sa­tion sur tous sup­ports de com­mu­ni­ca­tion papier ou web.

En clair, les signes de bali­sage du Club Vos­gien sont dépo­sés en tant que logo de marque (ce n’est pas un bre­vet au sens indus­triel du terme), et il est donc impos­sible d’en avoir l’usage sans une auto­ri­sa­tion expresse du Club Vos­gien. C’est le pre­mier para­doxe : un bali­sage har­mo­ni­sé est un gage de qua­li­té des par­cours du Mas­sif, et si je sou­haite car­to­gra­phier un par­cours, par exemple pour le VTT ou le trail, et par­ta­ger ma carte, je n’ai le droit de le faire qu’avec l’autorisation du Club Vos­gien. C’est aus­si l’une des rai­sons pour les­quelles les Cartes IGN com­pre­nant le bali­sage du Club Vos­gien ne sont pas dis­po­nibles dans leur ver­sion numé­rique en ligne, par exemple sur Géo­por­tail, car il n’y a pas d’accord entre IGN le Club Vos­gien. Un comble, quand on sait à quel point ce besoin est pré­sent.

L’implication ? le Club Vos­gien empêche ain­si le par­tage des par­cours, ce qui aurait pour­tant comme effet de valo­ri­ser encore davan­tage cet impor­tant tra­vail de bali­sage du Club Vos­gien. Si j’appartiens à une asso­cia­tion spor­tive et que je sou­haite créer un par­cours en uti­li­sant le bali­sage du Club Vos­gien et par­ta­ger ce par­cours en impri­mant plu­sieurs cartes ou sous for­mat numé­rique, je n’ai pas le droit de le faire.

L’interprétation ? Ran­don­ner avec le Club Vos­gien, c’est uti­li­ser son bali­sage et les cartes qui vont avec : la bonne vieille carte IGN TOP 25 en papier ou son équi­valent extrê­me­ment oné­reux sur GPS. Il ne s’agirait pas que n’importe qui vienne impro­vi­ser un par­cours VTT ou trail pour déran­ger les « vrais » ran­don­neurs à cram­pons et sac à dos, n’est-ce pas ? Parce que si tout le monde pou­vait si faci­le­ment se repé­rer dans la forêt, et pou­vait par­ta­ger en ligne des cartes en uti­li­sant, au hasard les couches Out­doors d’Open Street Map et les indi­ca­teurs du Club Vos­gien… hé bien qu’est-ce que cela chan­ge­rait, au fond ? Rien. Si ce n’est que l’usage en serait d’autant plus valo­ri­sé. Mais voi­là : le Club Vos­gien ne veut pas. Parce que ce sont ses sen­tiers, c’est son bali­sage, le fruit de son tra­vail, qui lui incombe à lui uni­que­ment.

C’est l’ambiance. Et cela va même jusqu’à ser­vir d’arguments contre l’usage des VTT, comme on va le voir plus loin.

Le cas du VTT

Les cyclistes, c’est le com­bat du moment pour le Club Vos­gien… enfin pour être plus exact, quelques sec­tions du Club Vos­gien, mino­ri­taires, mais dont le vacarme implique for­cé­ment l’image du Club Vos­gien en géné­ral. En effet, en plus du bali­sage, l’entretien de ses par­cours est capi­tal pour que le bali­sage soit lui-même fiable. Et c’est là que le Club Vos­gien a ten­dance à étendre sa pré­séance, à ceci près que cette fois on touche au ter­ri­toire.

Dans les forêts vos­giennes, on trouve de tout :

  • des quads avec des gros lards des­sus,
  • des moto­cy­clistes, spor­tifs, mais à qui il fau­drait expli­quer deux trois choses,
  • des files de 4x4 avec des chas­seurs sou­vent seuls dedans (il fau­drait leur expli­quer ce que c’est que le co-voi­tu­rage),
  • des 4x4 iso­lés, dont les tra­jec­toires res­tent mys­té­rieuses,
  • des tra­vailleurs fores­tiers par­fois (par­fois !) peu res­pec­tueux de la forêt (mais comme il manque de per­son­nels aux Eaux et Forêts, il est dif­fi­cile de faire res­pec­ter l’ordre et la loi),
  • et des cyclistes.

La ligne de front actuelle qui défraye la chro­nique depuis au moins le prin­temps 2017, se situe dans le sec­teur de Mase­vaux (Haut-Rhin), mais ce n’est pas exclu­sif. Devi­nez quelle caté­go­rie dans la liste ci-des­sus fait l’objet de l’ire des membres du Club Vogien ? je vous le donne en mille : les vété­tistes.

Pour cer­tains membres du Club Vos­gien, visi­ble­ment, les vété­tistes repré­sentent l’ennemi à abattre, voire même la prin­ci­pale cala­mi­té du pay­sage Vos­gien. On pour­rait croire que des com­bats autre­ment plus glo­rieux pour­raient voir le jour, comme par exemple la bio­di­ver­si­té végé­tale, la ges­tion de la faune, la pol­lu­tion. Non. Parce que vous com­pre­nez, ça c’est des trucs d’écolos. Ces com­bats sont déjà inves­tis et puis les éco­los c’est à gauche…

Ce qui chif­fonne ces gens, c’est que les sen­tiers avec des VTT des­sus, c’est plus des sen­tiers de ran­don­nées. Parce qu’un sen­tier, c’est for­cé­ment « de ran­don­née à pieds », hein ? pas fait pour rou­ler, jouer au bal­lon, ou même cou­rir (quel trai­leur ne s’est pas ramas­sé un jour une remarque déso­bli­geante par un ran­don­neur peu­reux sur un che­min un peu étroit ?).

Inter­dire le VTT sur les sen­tiers du mas­sif ? c’est un pro­jet que cer­tains membres du club Vos­gien semblent cares­ser avec envie. Des muni­ci­pa­li­tés, sans doute sous influence, avaient déjà ten­té le coup, comme à Ottrott en 2015 avant une contes­ta­tion en bonne et dûe forme par la Moun­tain Bike Foun­da­tion qui rap­pelle d’ailleurs quelques fon­da­men­taux juri­diques à pro­pos du code fores­tier (un autre guide juri­dique est trou­vable sur le site alsace-velo.fr).

Bref, voi­là que le Club Vos­gien de Mase­vaux a relan­cé une polé­mique en mai 2017, béné­fi­ciant d’une tri­bune dans les Der­nières Nou­velles d’Alsace : « La mon­tagne n’est pas un stade ». L’accroche ? elle se résume en trois points :

  1. La dégra­da­tion des sen­tiers serait l’apanage exclu­sif des VTT… et de se lan­cer dans une pro­blé­ma­tique digne de l’oeuf ou de la poule à savoir si ce sont les frei­nages des vété­tistes qui aggravent l’érosion natu­relle ou si c’est l’érosion natu­relle qui cause l’instabilité du che­min et donc néces­site des frei­nages. Car dans le pre­mier cas, il fau­drait peut-être ces­ser de croire que les vété­tistes s’amusent à dété­rio­rer les che­mins pour le plai­sir et dans l’autre cas, les pro­blèmes d’érosion ont bien sou­vent leur remède dans la ges­tion du cou­vert végé­tal. Est-ce pour autant que tous les sen­tiers devraient être inter­dits aux VTT ? Com­ment s’effectue donc cette géné­ra­li­sa­tion entre quelques che­mins éro­dés et tous les sen­tiers ? Elle ne peut s’expliquer autre­ment que par le sou­hait de ne plus voir de VTT sur les che­mins parce qu’ils « dérangent » le Club Vos­gien, parce qu’il s’agit d’un public dif­fé­rent.
  2. « le code fores­tier article n° 163 – 6, inter­dit la pra­tique du VTT sur des iti­né­raires de moins de deux mètres », c’est faux, comme le montre le code fores­tier lui-même (cf. les liens cités plus haut).
  3. On note­ra de même que le chan­tage est à l’appui : « Soit les com­munes nous suivent par des arrê­tés de régle­men­ta­tion de cir­cu­la­tion qui inter­dit la pra­tique du VTT sur les sen­tiers, soit on arrête de faire l’entretien basique (pio­chage, éla­gage, ratis­sage) et en cinq ans les sen­tiers seront morts ». Une cita­tion bien para­doxale de la part du Club Vos­gien, parce que la mort des sen­tiers signe­rait aus­si la mort du Club…

Enfin, comme le démontrent de nom­breuses pho­to­gra­phies prises par les vété­tistes et les ran­don­neurs, on ne compte plus sur le mas­sif vos­gien le nombre de sen­tiers lit­té­ra­le­ment sac­ca­gés par les tra­vaux fores­tiers. À juste titre ou non, pour les besoins de l’exploitation fores­tière, le pas­sage d’engins favo­rise inévi­ta­ble­ment une forme d’érosion bien plus grave que le creu­se­ment d’une rigole de 20 mètres ici où là : c’est car­ré­ment de la ges­tion fores­tière rai­son­née qu’il s’agit, et cela dépasse de loin les petites polé­miques.

Et pour­tant, le Club Vos­gien a déjà dénon­cé les tra­vaux fores­tiers peu scru­pu­leux, notam­ment dans les pages des Der­nières Nou­velles d’Alsace en mars 2017. L’enjeu est de taille et le com­bat mérite en effet d’être mené car il concerne de mul­tiples acteurs… hélas, il est bien plus facile d’incriminer les VTT. Si bien qu’une seconde fois en ce début d’année 2018 le jour­nal Les Der­nières Nou­velles d’Alsace titrait « Les sen­tiers de la dis­corde ». L’article est à l’avenant, et, citant les inter­lo­cu­teurs du Club Vos­gien :

Nous ne sommes pas des conser­va­teurs à ten­dance réac­tion­naire, l’avenir passe par une bonne coha­bi­ta­tion avec les pra­ti­quants tout en inté­grant le res­pect de la régle­men­ta­tion. Le VTT étant un véhi­cule sur le plan juri­dique, le vttiste doit pra­ti­quer en dehors de nos sen­tiers étroits, infé­rieurs à un mètre.

Com­prendre : « je ne suis pas réac… mais », ou bien ce qu’on appelle en rétho­rique une pré­té­ri­tion, qui per­met de pas­ser sous silence plu­sieurs élé­ments man­quant à l’argumentation : ici, par exemple, la rigueur de l’argumentation juri­dique. Ce qui ne démonte pas la Moun­tain Bike Foun­da­tion, répon­dant du tac au tac :

« Le code de la route ne s’applique pas à 900 m d’altitude », affirme Jona­than Chou­let, réfé­rent MBF Flo­ri­val, par ailleurs fonc­tion­naire de police. « Le droit d’itinérance sur les sen­tiers relève du droit consti­tu­tion­nel d’aller et venir. Quatre codes régissent la cir­cu­la­tion de tous en milieu natu­rel, mais aucun, excep­té le code de la route, ne défi­nit le VTT comme un véhi­cule. (…) »

Solu­tion 1 : le dia­logue

Dia­lo­guer avec le Club Vos­gien n’est pas tou­jours une siné­cure. Pour­tant tout sem­blait se pré­sen­ter sous les meilleurs aus­pices en été 2017, lors d’une ren­contre entre la MBF et le pré­sident de la Fédé­ra­tion du Club Vos­gien, qui n’avait jamais aupa­ra­vant répon­du aux lettres de la MBF et sem­blait décou­vrir ses acti­vi­tés.

Peu de temps après, suite à l’article du Club Vos­gien sec­tion Mase­vaux, une seconde ren­contre eu lieu, dans une inten­tion de dia­logue et de coopé­ra­tion. D’après le compte ren­du figu­rant sur le site de la MBF, il y a vrai­sem­bla­ble­ment une claire dif­fé­rence de concep­tion du terme « dia­logue » entre les antennes locales (plus ou moins indé­pen­dantes, mais est-ce vrai­ment sou­hai­table ?) et la fédé­ra­tion du Club Vos­gien. Voi­ci un extrait signi­fi­ca­tif de cette ren­contre entre les réfé­rents MBF du sec­teur Thur-Dol­ler et la pré­si­dence du Club Vos­gien de Mase­vaux :

Mais le res­pon­sable du C.V ne l’entend pas ain­si et quitte la salle en nous rap­pe­lant qu’au titre de la pro­prié­té intel­lec­tuelle, nous ne devrions même pas regar­der « leur » bali­sage. Deux autres membres du C.V de Mase­vaux quittent éga­le­ment la salle sans dai­gner nous saluer.

Pour­tant les bonnes volon­tés ne manquent pas, de part et d’autre. La MBF agit déjà dans le domaine de l’entretien de sen­tiers, de manière sys­té­ma­tique, en Alsace et dans d’autres régions de France, et orga­nise même des défis inter­na­tio­naux sur ce thème. Pour preuve cette ses­sion de coopé­ra­tion entre les vété­tistes et le Club Vos­gien de la même sec­tion de Mase­vaux, une col­la­bo­ra­tion qui pour­tant n’a pas satis­fait tout le monde, selon Jean Koehl, vice-pré­sident du CV Mase­vaux :

On a accueilli des groupes MBF pour deux demi-jour­nées de tra­vail et une jour­née pleine. Ils en ont pro­fi­té pour faire leur com’en fai­sant venir France 3…

C’est vrai­ment à se deman­der ce que reprochent réel­le­ment les membres du Club Vos­gien aux vété­tistes. Il sem­ble­rait que, quelles que soit les offres de coopé­ra­tion, les éter­nels insa­tis­faits sont tou­jours les mêmes. Pour­tant le dia­logue est bel et bien la clé d’une bonne entente entre ran­don­neurs et vété­tistes : la coopé­ra­tion dans l’entretien des sen­tiers et les code de conduite des vété­tistes (comme par exemple la limi­ta­tion des par­cours sau­vages d’enduro).

Le dia­logue c’est l’apprentissage de la diver­si­té. Diver­si­té des usages et diver­si­té sociale. Les vété­tistes sont par­ti­cu­liè­re­ment au clair sur ce point en dis­tin­guant les pra­tiques entre le cross coun­try (qui n’a pra­ti­que­ment aucun impact sur l’érosion des sen­tiers et repré­sente plus de 80% des pra­tiques), l’enduro et la des­cente (DH). Peut-être que le Club Vos­gien pour­rait faire aus­si un effort de son côté en se ques­tion­nant sur son rap­port au pay­sage com­mun et les notions de par­tage que cela implique.

Solu­tion 2 : attrac­ti­vi­té

Cette atti­tude de la part du Club Vos­gien pour­rait notam­ment jouer en défa­veur de l’attractivité du Mas­sif Vos­gien. Comme expri­mé dans les Der­nières Nou­velles d’Alsace, les reven­di­ca­tions du Club Vos­gien se résument à deman­der la créa­tion de Bike Park pour y can­ton­ner les VTT et de ce fait leur inter­dire les sen­tiers… Une reven­di­ca­tion qui s’établirait en défa­veur évi­dente de l’écrasante majo­ri­té des pra­ti­quants sur le seg­ment du cross coun­try. Autant dire que si les com­mu­nau­tés de com­munes contac­tées à ce sujet par le Club Vos­gien valident ces inten­tions, c’est toute l’attractivité du VTT sur le Mas­sif qui en serait affec­tée : adieu les des­centes tech­niques et les petits fris­sons qui pour­tant sont sou­vent acces­sibles aux débu­tants. On ira expli­quer aus­si aux tou­ristes que pour mon­ter à plus de 900 mètres d’altitude ils devront emprun­ter les auto­routes à gru­miers…

En la matière, on ne peut que saluer la lettre du maire de Hoh­rod (68142) qui rap­pelle que l’équipement de ran­don­née est une liber­té de choix :

Ran­don­ner est une liber­té indi­vi­duelle fon­dée sur le prin­cipe de la liber­té de cir­cu­ler, un droit fon­da­men­tal et uni­ver­sel. Que l’on cir­cule à pieds ou à vélo est sans impor­tance, cha­cun est libre de choi­sir l’équipement néces­saire à sa ran­don­née (…)

et que par consé­quent :

La réponse éthique est de ne pri­vi­lé­gier aucune pra­tique et de les pla­cer à éga­li­té dans leur accueil et leur trai­te­ment, les prin­cipes d’équité et de non-dis­cri­mi­na­tion ali­mentent avan­ta­geu­se­ment l’argumentation en faveur des acti­vi­tés de plein air.

La valo­ri­sa­tion du mas­sif passe donc non seule­ment par le par­tage mais aus­si par le dia­logue entre les pra­ti­quants. Ce besoin de coopé­ra­tion n’est pas seule­ment vital pour le Mas­sif Vos­gien, il l’est aus­si pour que le pay­sage et ses sen­tiers ne comptent pas par­mi les trop nom­breux sec­teurs où le par­tage et le res­pect n’ont plus cours.

Alors oui, le Club Vos­gien doit par­ta­ger la mon­tagne, le bali­sage et les sen­tiers. Les vété­tistes de leur côté n’ont pas à rou­gir de l’aide qu’ils offrent (même en com­mu­ni­quant des­sus), comme en témoigne l’opération de grande enver­gure Take Care Your Trails. Cette com­mu­nau­té est active et res­pec­tueuse de l’environnement, qui irait le lui repro­cher ?

Heu­reu­se­ment, les inter­lo­cu­teurs bien­veillants de la MBF sont nom­breux, tels les Parcs, les Offices de Tou­risme, les élus… et bien sou­vent très atten­tifs aux contraintes et aux para­doxes dont la com­mu­nau­té des vété­tistes n’est pas exempte. Ain­si, par exemple, l’image du VTT pâti bien sou­vent des quelques inci­vi­li­tés ren­con­trées ici et là, ou des vidéos trash sur You­tube dont ne manquent pas de s’emparer les détrac­teurs du VTT pour géné­ra­li­ser et jus­ti­fier leur hargne. Mais qu’importe. L’essentiel est d’atteindre la matu­ri­té néces­saire au dia­logue et dépas­ser ces contra­dic­tions. En la matière, cer­taines sec­tions du Club Vos­gien devraient prendre exemple, jus­te­ment, sur la MBF.

Christophe

Fram(hack)tiviste, je fais du vélo et je mange des châtaignes.